Justice et injustices climatiques
La justice est une valeur morale consistant à donner à autrui ce qui lui est dû ; elle est omniprésente en contexte biblique, et centrale dans les programmes du Conseil Œcuménique des Églises (COE). Dans le cadre particulier des enjeux climatiques, elle consiste à agir pour protéger les plus vulnérables contre les conséquences des changements induits et à veiller à une répartition juste des efforts d’adaptation.
Inversement, on peut considérer les injustices climatiques. A titre d’exemple, dès 2021 la Banque Mondiale estimait à plus de 200 millions le nombre de personnes qui devraient quitter d’ici 2050 leur zone de vie actuelle à cause des changements climatiques (multiplication des inondations, épisodes météorologiques extrêmes, sécheresse). Ce risque pèse prioritairement sur les pays d’Afrique sub-saharienne, d’Asie du Sud, et d’Amérique latine ; or ce sont les zones du monde les moins émettrices des gaz à effet de serre responsables de ces changements. Il y a là une situation injuste à l’échelle mondiale. De telles inégalités climatiques existent aussi à l’intérieur d’une population donnée : les plus pauvres – qui ont, parce qu’ils consomment moins, la plus faible empreinte carbone – sont les plus impactés (habitat inadapté, manque de ressources pour trouver des alternatives, plus grande fragilité face aux fluctuations des coûts de l’alimentation, etc.) De fait, les changements climatiques accroissent les inégalités sociales.
Le terme de « justice climatique » peut également renvoyer à des actions de nature juridique visant à obtenir des États ou des décideurs qu’ils respectent leurs obligations climatiques. Ces actions en justice sont de plus en plus fréquentes. Ainsi, la justice climatique fait partie intégrante de la justice économique et sociale et exige de façon constante vigilance et actions appropriées.