Un enjeu plus urgent qu'il ne peut y paraître au premier abord
Nous venons de passer un été très difficile sur le plan de la chaleur et des incendies. La fraîcheur relative de l’automne va-t-elle nous faire rapidement oublier les nombreuses questions que soulève le réchauffement de la planète ? Et pourtant, entre surmortalité record due à la chaleur, décès de pompiers, milliers d’hectares dévastés, maisons calcinées, pollution atmosphérique, faune sauvage sacrifiée, restrictions d’eau et mauvaises récoltes, nous ne manquons pas de raisons de réfléchir à tout ce que nous pouvons, devons faire pour contribuer, à notre mesure, à modérer l’ampleur et les conséquences de ce désormais inexorable changement de notre monde.
Or, parmi les leviers à notre disposition, figure en bonne place notre argent, et ce qu’il « fait ». En effet depuis la signature de l’Accord de Paris de 2015, outre les enjeux géopolitiques, l’usage des capitaux a joué un rôle majeur et malheureusement délétère, avec 7 900 milliards de dollars investis dans le secteur des énergies fossiles (voir le rapport Banking on Climate Chaos), tandis que les investissements dans la transition énergétique et écologique demeurent terriblement insuffisants, tant en termes d’atténuation que d’adaptation et de construction de la résilience. Or ces fonds ne viennent pas de nulle part. Ce sont nos comptes en banque et nos placements financiers qui les alimentent.
Eglises locales, paroisses, communautés, œuvres, mouvements… Nous connaissons les projets que nous finançons directement, mais savons-nous ce que notre argent finance indirectement ? Les divers usages de l’argent mobilisé en christianisme sont un lieu essentiel de l’engagement sur un chemin de cohérence concret pour la justice climatique et environnementale. Plus fondamentalement, le rapport à l’argent relève d’une question spirituelle et théologique clé en éthique chrétienne. Se donner le temps de se pencher sur cet enjeu est donc, aujourd’hui, une véritable urgence car, comme le souligne Andrew Harper, membre du Conseil central des finances de l’Église méthodiste en Grande-Bretagne :