Est-ce que les Eglises peuvent quelque chose à la canicule ?
Comme chacun le sait maintenant, les changements climatiques sont générés par notre boulimie de puissance énergétique. La volonté de toujours plus vite, plus fort, plus loin (et moins cher) nous a conduits à détourner le regard de ce que l’on appelle, en économie, les « externalités négatives » de nos activités. Ainsi, parce que nous refusons toute limite et toute contrainte nous détruisons la création aimée de Dieu et nous aggravons la situation pour les plus fragiles des autres vivants. Dit avec d’autres mots, le fondement du bouleversement climatique est d’abord d’ordre spirituel : dans notre rapport aux limites, à l’argent, aux pouvoirs, à nos « avantages » de tous ordres, nous avons oublié que seul Dieu est Seigneur sur nos vies et nous avons idolâtré d’autres divinités.
Alors oui les Églises peuvent quelque chose et doivent s’engager. Parce qu’elles sont expertes en crises spirituelles.
Parce qu’elles sont dépositaires de récits, certes souvent très symboliques mais néanmoins éclairants, de périodes où l’humanité a été confrontée brutalement, comme aujourd’hui, aux conséquences de ses aveuglements, de son éloignement des commandements divins, au premier rang desquels l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Parce qu’elles sont expertes en conversion, c’est-à-dire en prise de conscience qu’il existe quelque chose de plus grand que nous, en réorientation de nos vies vers ce qui est réellement vital. Parce qu’elles ont quelque chose de spécial à dire au monde à propos du pardon qui relève, de la résurrection qui renouvelle toute la terre, de l’espérance qui fait vivre, de la foi comme (re)mise en marche.
Exiger des climatiseurs partout chez nous, c’est une manière de détourner encore le regard. Tournons-le plutôt vers le Christ, et ce que nous avons à faire nous paraîtra soudain plus clair. Dans la situation que nous vivons, la prière est de l’ordre du pansement compressif, pas de l’aspirine. Parce qu’elle nous tourne, précisément, vers le Christ.