77è Congrès – 2025

Dans le Lot-et-Garonne, 4 jours de vie de château pour le Congrès annuel au Domaine de Peyreguilhot

Un accueil chaleureux

Les congressistes ont été accueillis par Jacqueline Hollaar-Jack, présidente de l’EPU Vallée du Lot, qui a rappelé l’histoire de cette paroisse, née en 2011 du regroupement de Clairac, Castelmoron-sur-Lot et Villeneuve-sur-Lot mais remontant au XVIème siècle. Elle a souligné l’engagement vers l’ouverture de cette communauté d’environ 150 familles, qui assume que « l’avenir de notre Eglise se situe au-delà de notre communauté protestante » et veut devenir « une Eglise tout-terrain » !

 

Ghislain Gozzérino, maire de Laparade, est venu parler de sa commune, son histoire et notamment les drames vécus durant la Seconde Guerre Mondiale, ainsi que de ses traditions agricoles passées et présentes. C’est ensuite Elisabeth Pichard, maire de Cancon, qui a rappelé que sa commune est la capitale de la noisette, au cœur du pays du pruneau…

 

Nicolas Woloszyn, directeur du Réseau Initiative Lot et Garonne, nous a présenté les missions de sa structure : favoriser l’installation, la reprise où l’agrandissement des entreprises par des financements à taux 0%. Enfin, Cyril Badie nous a décrit les activités de sa société immobilière.

Visites d'entreprises et d'exploitations

Comme à l’habitude les visites ont été nombreuses, variées et passionnantes :

 

  • La coopérative de graines et semences biologiques et paysannes Bio-Germe à Montpezat, portée par une douzaine de fermes bio, où nous avons pu voir les machines de nettoyage et calibrage des graines ainsi que les méthodes utilisées pour les tests de germination.

 

  • Un producteur de prunes d’Ente à Conord, nous a raconté sa conversion au bio en 1979 et parlé de ses préoccupations quant à une meilleure gestion de l’eau.

 

  • La Maison de la Noisette à Lacépède – le département du Lot-et-Garonne est le premier producteur de France. Mmmmm ! la dégustation des spécialités locales !

 

  • Le Jardin des Nénuphars Latour-Marliac et le cabinet de curiosités de la Maison-Musée au Temple-sur-Lot, qui retrace l’histoire de la ruralité locale et de la vie sociale de la fin du XIXème au milieu du XXème siècle.

 

  • La fromagerie familiale Baechler (5ème génération !), également au Temple-sur-Lot, qui transforme chaque année 15 millions de litres de lait de vaches et 1 million de litres de lait de brebis. Une ferme « réservée aux gourmands uniquement » !

 

  • A Cancon enfin, l’atelier de Céline Rossiter qui produit des décors en bois et toutes sortes d’objets à partir de dessins d’enfants et de ses propres créations.

Vie spirituelle

Le pasteur Andrew Rossiter nous a tout d’abord accompagnés dans un partage biblique méditatif sur La Sagesse (Pr 8,22-36).

 

Ensuite dimanche matin nous avons partagé le culte de l’EPU Vallée du Lot au temple de Castelmoron, présidé par le pasteur Olivier Deaux, sur le thème « Vivre et célébrer la ruralité ».

 

 

J’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui fait croître.

Peu importe, en fait, qui plante et qui arrose. Ce qui compte, c’est Dieu qui fait croître.

A propos du Mercosur...

Chers amis,

 

Nos journées dans le Lot-et-Garonne nous laissent de très bons souvenirs. C’est une région que beaucoup d’entre nous ne connaissaient pas. Les paysages, les visites, la gastronomie, les liens effectués ont fait l’unanimité. Nous avons pu, aussi, goûter à la vie de château… L’ambiance était comme d’habitude chaleureuse et bienveillante ? Merci encore à l’équipe qui nous a reçus, sans laquelle rien n’aurait été possible. Et je souhaite que les liens tissés se perpétuent. Dans ce numéro, vous trouverez quelques comptes-rendus de visites. Nous avons tous été impressionnés par l’audace de ces familles pionnières venues de Suisse pour développer la production de tomates, de pruneaux et la transformation du lait.

J’aurais aimé connaître leurs réflexions suite à la visite de notre Président au Brésil début novembre, à sa conclusion favorable à l’accord de libre-échange avec le Mercosur, à la condition que les clauses de sauvegarde agricoles soient respectées.

 

Je pourrais, comme ancien agriculteur, suivre le mouvement et dire que le Mercosur est une menace pour l’agriculture française, mais analysons de plus près. Notre production de viande par rapport à la consommation est à l’équilibre en viande porcine. Nous ne produisons que 50% de nos besoins en volailles et 75% en viande bovine.

L’Ukraine nous fournit une bonne partie de nos besoins en volaille, le Brésil et l’Argentine nous exportent les 25% de viande bovine qui nous manque. La question qui revient souvent est : est-ce que les normes sanitaires et les conditions d’élevage sont aussi strictes que les normes européennes ? En effet la traçabilité du cheptel et son lien avec la déforestation sont un angle d’attaque pour ses détracteurs qui dénoncent une concurrence déloyale. Les producteurs français soumis à des normes de production plus strictes risquent de se trouver désavantagés face à leurs homologues du Mercosur. Les coûts de production y sont généralement plus bas, en raison des normes environnementales et sociales moins contraignantes.

L’élevage est extensif, les animaux sont en liberté, nourris à l’herbe. La viande de bœuf brésilienne séduit par sa texture tendre, son persillage équilibré et son arôme naturellement intense. Pour ceux qui auront la chance d’y aller, offrez-vous un repas dans un Churrascaria, c’est mémorable. Il n’y a aucun doute sur la qualité de la viande qui provient d’Argentine ou du Brésil.

 

Elargissons notre point de vue à l’ensemble de l’économie de l’Europe et de la France en particulier. La réduction des barrières tarifaires permettra aux produits français, notamment ceux bénéficiant des AOP et AOC, comme les fromages et le vin, d’accéder plus facilement à un marché en forte croissance. Ces labels garantissent la qualité et l’authenticité des produits français, leur conférant un avantage compétitif notable face à la concurrence. Parallèlement, l’industrie haut de gamme française, en particulier dans les secteurs du luxe, de l’automobile, des technologies, bénéficiera d’un accès simplifié aux marchés.

Compte tenu des taxes douanières que nous imposent les Etats Unis, de la compétitivité des produits chinois – je pense en particulier à la pression sur les prix des voitures électriques – et de la fermeture du marché russe, le Mercosur est pour moi une opportunité à saisir. Si nous ne sommes pas présents, d’autres prendront la place. Il faut bien regarder l’économie française et européenne dans son ensemble pour pouvoir juger.

 

Je conçois que le syndicalisme agricole adopte une posture pour faire plaisir à ses adhérents, davantage par habitude que par conviction. Méfions-nous de l’évidence première pour nous ouvrir à la complexité du sujet. Qu’en pensez-vous ?

 

Je souhaite que cette fin d’année soit célébrée pour vous tous dans la joie, la convivialité et vous maintienne en bonne santé.

 

Joël Vahé

Vie Rurale n° 131, octobre 2025

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